mercredi 16 mars 2011

La colocation

Qui a déjà cherché une colocation à Montréal ? Et est ce bien différent des autres grandes métropoles ? Je n'ai jamais tenté cette expérience ailleurs...

En tout cas actuellement il y a en gros 6000 annonces de type colocation/chambre meublée sur le grand Montréal. Et y'en a vraiment pour tous les goûts....et plaisirs !

Commençons par les extrêmes si vous le voulez bien :"Cherche colocation gay et naturiste, attention il n'y a rien de sexuel....".

Mais aussi :"Nous sommes écologistes, alter mondialistes et végétaliens. Nous faisons bien sûr le tri sélectif mais aussi notre propre compost. Si vous n'avez pas l'habitude de ce mode de vie nous restons ouvert et proposons de vous aider à devenir comme nous"

Ensuite, viennent les annonces plus classiques qui doivent certainement fonctionner avec la mafia locale. En effet, quand on voit 3 fois les mots "calme", "tranquillité" et "nettoyage" on se demande si il ne s'agit pas en fait d'un service de gardiennage pour cadavre embarrassant. Je vous avoue que je ne suis pas allé vérifier.

Viennent enfin les joyaux, des annonces funs, un brin décalées et finement rédigées, telle que la mienne ! Disponible à la demande ;-).

Malgré une habile technicité mise en oeuvre (oui je sais, quand ca vient de moi ca veut dire "usine à gaz") pour effectuer un tri et une sélection des annonces qui méritent de se déplacer, j'ai quand même vu des choses très laides :

- La maison convertie en studio de musique avec des instruments répartis un peu partout et notamment une "petite" batterie au sous sol juste en dessous de mon futur lit. heureusement le placard qui servait de mur pour séparer la dite chambre du salon avait beaucoup de cachet...

- La vieille qui fait sa loi dans la colocation, m'explique qu'elle va virer un gas qui ne range pas sa chambre, est nerveux, parle fort et rentre parfois saoul. Elle me dit tout ça en étant ravie de me voir venir prendre sa place...

- La Québécoise qui gère tous les papiers et factures et qui annonce un montant de frais/mois 2 fois supérieur au marché à prestation équivalente. Vous êtes libres d'en penser ce que vous voulez...

Et puis il y a Clémence, Jean Christène (un monsieur) et le chat qui m'a réveillé ce matin... Clémence, 19 ans,  a grandi en Guyane, mais est d'origine Francaise au sens de Marine. Le bac en poche à 16 ans, elle est venue faire HEC Montréal avant de se rabattre sur des études de Kiné. Son copain est Urkraino quelque chose, il a 30 ans et étudie dans l'informatique. Il a débarqué ici il y a trois ans et ne parlait ni Francais, ni Anglais, chapeau ! Son prénom est hieroslav enfin quelque chose qui se prononce comme ca.
Jean Christène, 28 ans, est serveur dans une brasserie classe (J'y ai laissé 85 dollars hier soir), snowboarder et bien sûr Québécois ! Il va reprendre des études la rentrée prochaine je crois.
Désolé si tout n'est pas très clair mais on a fait une soirée test hier soir, histoire de voir si ca collait... Apres quelques bières et téquilas pafs on est tombé d'accord !
Vous l'avez compris, j'ai trouvé ma cabane au Canada... Et pour le descriptif on verra plus tard, disons que c'est bien en tout point de vue, pas parfait, mais bien.

jeudi 10 mars 2011

Ah mon Guillon

On m'a demandé de vous calmer... C'est le titre du dernier livre de Guillon qui me fait tordre de rire un peu plus à chaque page. Et ca tombe bien, car a moi on m'a demandé de critiquer, de parler aussi des travers et des misères que j'ai pu croiser dans ma nouvelle vie.

Je ne vais pas adopter le style Guillon car risquer le mal entendu sur des sujets un peu sensibles n'est pas une bonne idée. En revanche je vais essayer d'être simplement factuel. Et n'essayez pas d'en décrypter une ironie Guillonienne bande de coquin (de coquines ? ;-))

Mon responsable des ressources humaines vient de m'annoncer qu'il ne serait plus des notre à mon arrivée, et, vu ce qu'il a glissé dans son dernier mail à mon encontre, ce n'est pas sa décision. dommage, j'adore cette homme, c'est le premier Québécois avec qui j'ai parlé mais aussi ri aux éclats et ce à l'occasion de mon premier entretien d'embauche. De toute façon il rebondira, c'est un vieux singe.

Rebondir, justement cela ne semble pas être le cas de tous ici... Il y a autant de SDF dans le métro Montréalais que dans celui de la ville lumière. Mais un SDF a t il déjà eu la chance de rebondir ? J'en doute... (merde ça y est je ne suis plus factuel...)!
Puis, il y a autre chose que des SDF, je les nommerai précaires car ils semblent vivre sous un toit, manger à peu près à leur faim et avoir un minimum d'éducation. En gros, imaginez des gens "normaux", habillés un peu roots, la mine assez fatiguée en train de faire la manche dans la rue. C'est comme si pour eux tout était allé correctement pendant X années avant que tout se casse la gueule. Et ils sont nombreux, presque autant que les SDF. A qui correspondent ces gens en France ? Pourquoi ne font-ils pas la manche en France ? Je l'ignore. Le pire, c'est qu'ils sont apparemment tous Québécois (l'accent). J'ai l'impression de leur voler leur situation, leur argent...

Voilà, j'étais parti pour lister un ensemble d'observations mais franchement, les Americains du Vermont profond qui ne font strictement aucun effort pour comprendre mon Anglais, ou encore cette gadoue inévitable qui vous glace les pieds en ces temps de fonte des neiges et bien d'autres détails ne sont rien à coté de la situation de ces gens.