samedi 11 juin 2011

Mais qui sont ces gens ?

Ils sont Francais, Américains, Suédoise, Québecois mais aussi Bosniaque, Hollandaise, Wallonne et quelque part un peu tous immigrés. L'une a fait de la psychologie à Princeton, l'autre la fameuse HEC Paris ou EM Lyon, et les plus Montréallais d'entre eux le célèbre college Anglophone Mc Gill qui n'a rien à envier à nos bonnes vieilles écoles d'ingénieur (celles que c'est dur d'y rentrer hein !)... 
Certains ne parlent presque pas Français, d'autres ont vraiment du mal à travailler en anglais (une idée ?). Certaines commencent leurs phrases en Français pour les finir en Anglais, une espèce de syndrome à la Van Damme en fait  !
Beaucoup de gens switchent, vous leurs parler en Francais, ils vous répondent en Anglais et vous réalisez soudain :''it does not make sens, this guy is french''. Et le plus déroutant, c'est la collegue Québecoise pure souche qui préfère travailler en Anglais. Je me surprends à lui parler spontanément en Anglais.... Amazing !

Un bon tier de l'équipe n'est pas du bureau de Montréal. Ils vivent la semaine à l'hotel. Exemple frappant : ma chef, Walonne et fraichement transférée de Bruxelle vers Toronto est directement partie travailler avec nous à Montréal ! Dur dur pour commencer un projet de changement de vie...

Du coup on se retrouve à travailler sur un projet en Francais... En Anglais, vous etes perdu là hein ! Bon, je m'explique : la  pénurie de ressources Francophones fait que nous sommes obligés de faire bosser des Anglophones pure souche mais toutes les interractions avec le client sont en Francais. Ma solution architect est Anglophone Candienne vraisemblablement d'origine Asiatique, mon architecte technique est New Yorkais... Francais, et il y a toujours cette collegue Quebecoise pur jus qui vient du bureau de Toronto mais qui ne parle que Anglais...What the hell ! Concretement, toutes nos réunions internes sont en Anglais, nos conversation sont mixtes et chez le client le Francais est roi. Exemple frappant,  la grande chef, celle que je viens voir à chaque soirée quand j ai un coup dans le nez pour échanger sur nos conceptions de la vie est purement Anglophone. And she loves my drunk conversations. Comme quoi ici, il y a des gens bien.

La séparation vie professionnelle vie privée est très floue. Les restos et 5 à 7 sont courants, on s’interroge sans complexe sur le programme du week end des uns et des autres. Et on en vient finalement à passer nos week end ensemble. Il est meme questions que je garde les enfants d'une collègue avec Pupuce (je serai sur le canapé avec une bière hein !). En ce moment nous sommes dans la dernière semaine de projet. J'ai pris une cuite monumentale hier avec les collègues et ce matin (samedi), j'étais au bureau à 9H30, on était presque tous là  (à se regarder dans le rouge des yeux) et dans la réunion d'équipe (en Anglais) il était  un moment question du document que je dois rendre pour relecture....demain ! Rassurons nous, les heures sup sont grassement payées et comme j aime à le dire, le rythme de travail c est un peu comme le froid, c'était marqué sur le prospectus, j'ai signé en connaissance de cause.


lundi 11 avril 2011

Plagiat du "Guide de survie des Européens à Montréal" d'Hubert Mansion


Le livre que je m'apprete à plagier est un incontournable pour tout candidat à l’immigration. Le passage que j’ai choisi me touche énormément même si c’est probablement l’un des moins funs du guide.


Ca commence ici :

We made it !

Nous avons fait ce que la plupart des européens n’osent pas faire : nous avons émigré. Nous avons tout laissé tomber en Europe et nous sommes venus. Non pas à cause de la guerre, de la misère ou de la politique; mais nous sommes tous venus pour une raison particulière, fiscale, sentimentale, financière. Peu importe : tous les émigrés ont une histoire secrète et elle leur appartient. Beaucoup d’entre nous, quand on leur a demandé à la douane ce qu’ils avaient à déclarer, auraient pu dire ceci : j’ai à déclarer que la vie est injuste et que je viens en faire une nouvelle.

On l’a fait. On l’a peut étre mal fait mais on l’a fait. On ne vit peut etre pas – encore – comme on l’avait revé et nous n’avons pas trouvé notre cabane au Canada. Mais on y est ! A midi, il est déjà six heure en Europe ; nous vivons quand il dorment. Et toujours, ici, c’est cette luminosité de ce ciel immense qui nous faire dire à tous : je l’ai fait et j’avais raison.

Ca n’a pas été facile. Il y a des moments ou l’on se pose des questions sur sa santé mentale, son sens des responsabilités. Nous avons vécu des moments difficiles, à trouver des amis Québécois, un appartement et de l’argent !
[…]
Ceux qui nous jugent nous envient. Ils trouvent que, pour nous, c’était facile. C’est toujours facile pour les autres. Mais nous, on l’a fait. On a pris larmes et bagage et on est partis. Ils disent qu’il ne suffit pas d’émigrer pour échapper à ses démons. La plupart des gens qui restent ont d’excellentes raisons de le faire. S’ils avaient émigré avec nous, je pense que nous serions revenus d’où ils venaient : car c’est eux que l’on quittait.
[…]
Alors merci à tous ces gens du Québec que nous venons envahir et qui n’ont rien demandé, merci à leur gentilesse peut-etre unique au monde. Merci à la neige pour les noels blancs, merci aux écurreuils de nous émerveiller, merci aux dépanneurs, aux taxis, aux parcs et aux fontaines. Du fond du cœur, merci. Mais comment fait-on pour mémoriser son code postal ?!!